Raphaël Varane pose les crampons à 31 ans

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Raphaël Varane, à 31 ans, a annoncé sa retraite du football. Usé par les blessures et par un calendrier surchargé, le défenseur tire sa révérence. Retour sur la carrière d’un champion du monde exceptionnel, qui aura marqué son époque, mais aussi sur les raisons qui l’ont poussé à raccrocher.

Des genoux en cristal, une volonté de fer

Raphaël Varane n’a jamais vraiment eu la chance de jouer en toute sérénité. Dès l’adolescence, ses genoux l’ont trahi, comme un vieil ami qui promet d’être là mais fini par disparaître au pire moment. Entre le RC Lens et Manchester United, en passant par le Real Madrid, Varane a souvent côtoyé l’infirmerie. Pas moins de 27 blessures ont jalonné sa carrière. Comme on dit dans le milieu : « ses ligaments, c’était du chewing-gum ».

Son dernier été en Serie A avec Côme (Italie) aura été le chant du cygne, une ultime blessure qui aura scellé son sort. Pourtant, son talent restait intact, mais le corps, lui, disait stop. « Je veux sortir fort », a-t-il déclaré sur Instagram, dans un post aussi émouvant que lucide. Un guerrier qui, cette fois, a décidé de ranger l’armure pour de bon.

Le calendrier infernal : un vrai casse-tête pour les joueurs

Au-delà des blessures, Varane n’a jamais caché son agacement face à l’enchaînement des matchs. Jouer tous les trois jours, parfois à des horaires qui défient la logique, ça use. Comme il l’a confié avant l’Euro 2021, les joueurs internationaux sont poussés à bout. « On n’est pas des machines », clamait-il, fatigué. À force de vouloir des matchs spectaculaires à chaque occasion, les instances du football semblent avoir oublié une clé donnée : les joueurs sont humains. Varane en a payé le prix fort. Il n’a pas hésité à critiquer un calendrier surchargé, quitte à froisser quelques égos parmi les décideurs. Son ras-le-bol résonne encore dans les vestiaires.

Le mental aussi, ça craque

Si ses genoux faisaient grimer les portes de l’infirmerie, c’est aussi son mental qui a subi des coups. La pression constante, la notoriété envahissante, ça laisse des traces. Varane, derrière son air réservé, s’est souvent senti dévoré par le statut de star. « Parfois, l’homme est mangé par le joueur », disait-il en 2019. Varane voulait juste être Raphaël, ce gars normal qui cherche à vivre une vie simple. Mais partout où il allait, c’était Varane qu’on voyait. Son besoin de se recentrer sur sa famille l’a mené à quitter l’équipe de France après la Coupe du Monde 2022, à seulement 29 ans. Une décision forte, mais nécessaire pour celui qui avait besoin de respirer.

Les commotions, l’autre combat silencieux

Avant de partir, Varane a également soulevé un autre sujet tabou : les commotions cérébrales. Il n’hésitait pas à en parler ouvertement, ce qui faisait que la prise en charge dans le football n’était pas toujours à la hauteur. « C’est un enjeu vital », affirmait-il. Une déclaration qui résonne, surtout quand on sait qu’il déconseille à son propre fils de faire des têtes lors de ses matchs. Un message fort pour la nouvelle génération, qui devra faire face à ce défi dans les années à venir.

Raphaël Varane quitte le terrain, mais reste dans les mémoires. Ce n’est pas un adieu, mais un au revoir pour celui qui a marqué le football de son empreinte. L’avenir ? Il le dévoilera quand il le jugera bon. Mais une chose est sûre : ses genoux, eux, sont déjà en vacances.

ELCYNT

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